• On vous a proposé de jouer au jeu des sept différences, entre cette photo-là :

    Coup d'oeil - sur la face est : la solution

    et celle-ci :

    Coup d'oeil - sur la face est : la solution

    Il s'agit de la façade est de la Tour, et comme nous sommes gentils, nous allons ajouter que cette façade est celle qui a connu le plus de bouleversements architecturaux au cours de son histoire. Et comme nous sommes même super gentils, nous précisons qu'une seule différence nous suffit...
     
    Alors ???
     
    Allez, on vous a laissé trois jours - ce qui est bien assez long pour voir qu'une nouvelle ouverture a été créée dans la façade ! Ou plutôt, recréée : une jolie fenêtre  ouverte au XVIIe siècle (environ) qui avait été murée - peut-être lorsque la tour fut utilisée comme grenier, au XVIIIe ? En enlevant les pierres, de l'intérieur, nous avons découvert qu'un barreau d'époque (fin XVIe ou XVIIIe siècle) était resté en place, pris dans la maçonnerie - mais trop abîmé pour être restauré. Il sera donc conservé, protégé par un vernis spécial qui  ne va pas changer sa composition interne - ce qui permettra des analyses ultérieures.

    Coup d'oeil - sur la face est : la solution

     

    Comme toujours, chaque découverte amène son lot de questions : quand a-t-on doté cette fenêtre de barreaux ? Il est possible qu'ils datent de la construction de la première petite maison accolée à la tour dans cet angle-là : elle rendait la fenêtre plus accessible et donc plus vulnérable. Mais ce n'est qu'une hypothèse.

    Aujourd'hui, quatre nouveaux barreaux sont venus garnir les emplacements laissés vacants, dans leur position originale (un côté plat face à soi) : ce sont des barreaux du XIXe que Gauthier Jacquelin, ferronnier d'art, a récupérés d'autre part. Il les a choisis pour leur texture et leur aspect, très proches de ceux du barreau restant : la composition de  leur acier doit être assez similaire. Ils seront scellés au plomb par les membres du chantier d'insertion. En même temps, on procédera à la consolidation de l'appui de fenêtre, une pierre étant fendue en deux.
     
    Sur la photo, on distingue sous la fenêtre une porte dont le haut est en partie ouvert : bientôt, elle sera, elle aussi, débarrassée des pierres qui l'obstruent. Bien sûr, cette porte ne donnait pas sur le vide, mais dans le bâtiment qui flanquait la tour autrefois à cet endroit. De nouveaux questionnements en perspective !


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  • Une histoire de poutre (3) : le chêne providentiel

    La scierie Brenot, au Puley, nous fournit régulièrement en bois. Michel et Christian Brenot ont repris il y a quinze ans cette petite entreprise familiale et artisanale à leur père. La scierie fut créée il y a près de cent ans par leur grand-père et  les anciens bâtiments et leur équipement, qui ne sont plus en service, attestent encore sur place de ce long passé. Avec un employé, les Brenot travaillent du chêne (plus de 50% de leur production), du douglas et du pin. Les arbres sont en général coupés dans un rayon de 80 km maximum autour de chez eux. C'étaient déjà eux qui nous avaient fourni la poutre du premier étage.
     
    Michel Brenot  revient sur la « découverte » de l'arbre et sa transformation.
     
    Comment trouve-t-on une poutre pareille ?
     
    Nous nous approvisionnons dans un rayon de 50 km autour de chez nous environ. C'était un très, très gros chêne, qui venait de la région chalonnaise, entre Buxy et Chalon, sur la commune de Granges. Je ne sais pas si c'est un coup de chance, mais lorsque nous trouvons un arbre de cette taille, je le mets de côté pour faire de très grosses poutres. Michel Jondot (responsable de "Tremplin") m'avait dit, un ou deux ans à l'avance, qu'il aurait besoin d'une grande poutre. Lorsque j'ai vu ce chêne sur le chantier, je l'ai tout de suite destiné à la Tour du Bost.
     
    Quel âge ce chêne pouvait-il avoir ?

    Une histoire de poutre (3) : le chêne providentielIl aurait fallu que je compte les cernes, mais il est possible qu'il ait entre deux cents et deux cent cinquante ans. Il a bien poussé, il a bien évolué, sur tous les plans : le problème du chêne,  c'est d'avoir à la fois une bonne longueur, une grosseur suffisante et une belle rectitude. Dix mètres bien droits, comme il le fallait pour cette poutre, ce n'était pas évident ! C'était en pleine forêt, mais il avait pris de l'ampleur - au détriment des autres, évidemment. Des bois comme ça, une fois qu'il ont glandé (laissé des petites pousses au sol), il faut les couper, sinon ils appauvrissent tout, empêchent la régénération de la forêt.
     
    Une fois l'arbre repéré, comment cela s'est-il passé ?
     
    Il a été coupé six mois environ avant d'être scié, au mois de mars. Il faisait partie d'une coupe à réaliser dans le secteur. Comme je savais que nous avions besoin d'une poutre, il tombait bien ! Tant que l'arbre n'est pas scié, on a toujours un doute : sera-t-il assez droit ? Assez gros ? On le positionne sur la scie en espérant que tout se passe bien... Concrètement, nous avons fait un découvert, en enlevant la dosse (qui est partie en bois de chauffage). Ensuite, nous avons fait une ou deux planches de chaque côté pour créer un plat, mais l'essentiel de l'arbre sera passé dans cette poutre.
     
    Ce doit être assez émouvant, de couper un arbre pareil ?

    Une histoire de poutre (3) : le chêne providentielÉmouvant, je n'irai pas jusque là. Impressionnant, oui ! Il s'est posé un problème de manipulation au départ : notre chariot élévateur de cinq tonnes pouvait tout juste le lever ! Au bout, la poutre fait 50X50 cm ; mais au pied, le morceau de bois faisait 1m ou 1m10 de diamètre... Mais ça s'est bien passé. On n'en scie pas tous les jours des comme ça ! Et puis, savoir que la poutre allait à la tour du Bost : on se dit qu'elle n'est pas loin de chez nous, qu'elle n'est pas « perdue ». Ce n'est pas comme les poutres qui partent à 100 ou 300 km, qu'on ne verra jamais en situation. Ici, on en voit l'utilité et la mise en œuvre, la fonction. L'arbre a poussé en Saône-et-Loire et la poutre reste en Saône-et-Loire. L'arbre né dans la région va y vieillir.
     
    Vous avez raté les épisodes précédents ? Retrouvez-les ici :
    Une histoire de poutre (1) : Casse-tête chinois
    Une histoire de poutre (2) : petit retour en 2006
    La suite ?
    Une histoire de poutre (4) : Tous sur le pont !
    Une histoire de poutre (5) : Attention, la voilà !
    Une histoire de poutre (6) : un travail de longue haleine
    Une histoire de poutre (7) : un élan collectif

    Et pour avoir quelques images : voyez l'album photos !


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  • On pourrait jouer au jeu des sept différences, entre cette photo-là :

    Coup d'oeil - sur la face est

    et celle-ci :

    Coup d'oeil - sur la face est

    Il s'agit de la façade est de la Tour, et comme nous sommes gentils, nous allons ajouter que cette façade est celle qui a connu le plus de bouleversements architecturaux au cours de son histoire. Et comme nous sommes même super gentils, nous précisons qu'une seule différence nous suffit...
     
    Alors ???

    La solution est ici.


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  • Une histoire de poutre (2) : petit retour en 2006

    La poutre du 2e étage, octobre 2010
     


    Elle nous aura fait rêver, cogiter, gamberger, stresser, cette énorme pièce maîtresse de la restauration de la tour ! C'est que la solution finalement adoptée était bien de la faire passer, à plus de 13 m de haut, par le chas d'une aiguille ou presque : LA fenêtre  - heureusement placée dans le bon axe et de taille (à peine) suffisante !
     
    La Poutre ! Avec un grand P, celui qu'elle partage avec Poids, Péripéties, Péril. Et Patience... On ne trouve pas un arbre pouvant donner une poutre semblable tous les jours ! Il nous a fallu de plus attendre deux ans peut-être avant de finaliser ce chantier, faute de moyens. Depuis 2008, nous avons beaucoup de difficultés à obtenir des subventions pour les matériaux, qui arrivent au compte-goutte...
     
    Bien sûr, cette grosse poutre n'était pas notre coup d'essai : nous avions déjà eu à "gérer" sa petite sœur, pour le plafond de la salle d'exposition actuelle, au premier étage (niveau 3). Celle-ci ne mesurait "que" 7m60, pour un poids d'une tonne et demie.

    Une histoire de poutre (2) : petit retour en 2006

     

    C'était en janvier 2006 et l'équipe du chantier d'insertion avait jeté toutes ses forces dans la bataille. Pourtant, les difficultés étaient finalement moindres que cette fois-ci : la poutre avait pu être posée à même le sol avant d'être hissée et glissée dans les deux trous vis-à-vis, laissés par les poutres d'origine, calcinées dans l'incendie.

     

    La poutre du 1er étage :

    par une fenêtre elle aussi, mais moins haute...
     
    Pour la "grosse", il ne pouvait être question d'utiliser la même technique. Longs mois de cogitation mêlant membres de l'association et professionnels, avant d'adopter LA solution: faire passer la poutre par la fenêtre. Sachant que la belle était attendue 1m60 plus bas, mais quand même à 3m40 du plancher, il fallait la faire entrer de biais. Son nez viendrait reposer sur des échafaudages roulants et ces hauts "chariots" allaient accompagner sa progression  à l'intérieur de la tour et la guider dans la salle. Grâce à des palans, elle allait enfin pouvoir être mise en place. Elle, et les deux aisseliers que les constructeurs médiévaux, considérant la longueur de ladite poutre, lui avaient adjoints pour en diminuer la portée. Ces deux jambes de force de 2m, il faudrait elles aussi les mettre en place : des pièces plus petites, mais pesantes elles aussi (350 kg chacune), pour un travail de précision ! Restait à passer de la théorie à la pratique...
     
    Pour en savoir plus, avant le prochain épisode, vous pouvez consulter le journal archivé sur le site de la Tour du Bost et feuilleter notre album, qui s'étoffera au fil des épisodes.
     
    Si vous avez raté le début : Une histoire de poutre (1) : Casse-tête chinois
    Si vous voulez connaître la suite :
    Une histoire de poutre (3) : le chêne providentiel
    Une histoire de poutre (4) : Tous sur le pont !
    Une histoire de poutre (5) : Attention, la voilà !
    Une histoire de poutre (6) : un travail de longue haleine
    Une histoire de poutre (7) : un élan collectif


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