• Charlotte : un regard d'Outre-Atlantique

    Charlotte : un regard d'Outre-Atlantique

     

    Charlotte lève la tête et fixe le sommet de la Tour du Bost, un brin éberluée : c'est la première fois qu'elle voit le monument et sa masse conjuguée de pierres, d'histoire et d'aventure humaine l'écrase quelque peu. Cette frêle jeune fille nous vient de la Belle Province, outre Atlantique, pour passer deux semaines de stage avec Gauthier Jacquelin, ferronnier d'art qui intervient régulièrement sur le donjon. En ce jour de visite des travaux par l'Architecte en Chef des Monuments Historiques, début juin, elle se tient un peu en retrait, suivant la petite troupe qui écoute et note les instructions de Frédéric Didier.  

     

     

    Pour elle, c'est l'occasion de visiter un monument comme il n'en existe pas au Québec. Pour nous, celle d'avoir son regard tout neuf sur le site. Elle a amené avec elle des objets qu'elle a forgés pendant cette première semaine.

    Charlotte : un regard d'Outre-AtlantiqueAviez-vous déjà travaillé le métal ?
     
    Au Québec, je faisais des bijoux, mais je ne connaissais pas bien toutes les façons de travailler le métal. Je prenais par exemple un manche de cuiller avec un beau motif et je le tournais pour en faire une bague, ou un bracelet. Venir ici me permettait de mieux connaître la matière. Gauthier m'a d'abord fait faire des exercices : fabriquer des pointes en partant d'un bout rond, pour apprendre à maîtriser mes coups, puis aplatir une tige en gardant la même épaisseur partout et enfin façonner le nœud plat et la courbe, en suivant un modèle. Cette tête d'animal était au départ une grosse barre, qu'il m'a fallu taper sur l'enclume pour l'écraser et former une sorte de pied d'éléphant. Puis nous l'avons fendue avant de former les naseaux etc avec un outil qui a repoussé le métal.

    Tout cela est travaillé à chaud ?

    Oui. On ne travaille pas à "rouge", mais à "blanc", sinon ce serait trop froid. C'est un travail très physique ! Dans la forge, il fait chaud et c'est assez bruyant. Gauthier crie souvent : il faut couvrir le bruit, et puis il faut aller vite, forger tant que le fer est assez chaud. Il ne faut pas non plus trop faire chauffer le métal, pour qu'il ne fonde pas, et c'est difficile puisque "à blanc", c'est le stade juste avant la fusion. Parfois, on voit comme de petites étincelles, ça veut dire que ça commence ! Le plus dur, je pense, ce n'est pas de donner les bons coups, c'est d'avoir la bonne chauffe.

    Charlotte : un regard d'Outre-AtlantiquePourquoi avoir fait le voyage jusqu'ici ?
     
    Au Québec, je n'ai jamais travaillé avec une forge. Il y a des forgerons dans quelques places, mais je n'ai pas essayé d'entrer en contact avec eux. Je connaissais Gauthier et cela me permettait de voir le vieux continent, pratiquement tout ici est vieux ! (Elle rit devant notre réaction faussement outragée) Non, il y a beaucoup de jeunes, mais les monuments, tout ça... Chez nous, c'est tout neuf. J'aime bien l'histoire. Gauthier m'a emmenée dans un musée et il m'a montré comment reconnaître les pièces en fer d'époques reculées et celles de temps plus récents. La période industrielle est celle que j'aime le moins. Avant et après, ça m'intéresse plus. Ce qui reste des Gaulois, c'est super intéressant.

    Que pensez-vous de la Tour du Bost ?
     
    C'est génial ! C'est super vieux, on voit de quoi ça avait à peu près l'air à l'origine. On n'a pas ça chez nous. Et en même temps, il y a tout ce travail de reconstitution... L'endroit est super beau et fait rêver. On voit la forêt et ça fait un peu comme celle qui devait y avoir à cette époque-là. Cela n'a pas l'air d'avoir beaucoup changé - à part l'électricité...

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