• Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...

     

    Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...

     

    S'il est une personnalité incontournable lorsque l'on s'intéresse à la Tour du Bost, c'est bien Jacques-Gabriel Bulliot, un des plus grands érudits locaux du XIXe siècle, marchand de vin à Autun, qui a découvert le Beuvray (Bibracte), fut président de la Société Éduenne des Lettres, Sciences et Arts d'Autun, collectionneur d'art, ami de Napoléon III... Il fut aussi l'auteur d'un ouvrage sur le donjon, qui est une référence encore aujourd'hui, malgré certains éléments contestables et son absence de référence au fonds d'archives local (M. Bulliot n'y eut vraisemblablement pas accès).
     
    Bref, M. Bulliot s'est penché sur "notre" tour médiévale, la décrivant avec méticulosité.
     
    Le docteur Notel, du Creusot, membre éminent de la recherche généalogique en France, a retrouvé dans un fonds privé de Montcenis, en même temps que d'autres documents, des lettres de M. Bulliot, écrites en 1888 et 1897, et nous en a transmis copie. Ces documents émouvants, à l'écriture tremblée, nous permettent d'envisager comment M. Bulliot travaillait, ainsi que les difficultés qu'il pouvait rencontrer. Notons qu'en 1888, il avait déjà 71 ans, et 80 ans en 1897. Il décédera en 1902.
     
    Voici la retranscription de ces courriers, adressés à un interlocuteur (inconnu de nous) de Montcenis. 

    Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...Autun, 28 septembre 1888
     
    Cher confrère,
     
    Vous avez eu autrefois l'amabilité de m'offrir vos services pour visiter la tour du Bos (sic). Dans le cas où vos bonnes intentions auraient persisté, et s'il n'en résultait pour vous aucun dérangement, je vous prierais de me désigner votre jour.

     

    Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...Seriez-vous assez bon pour me tracer aussi un itinéraire, me dire à quelle gare je devrai descendre, la distance à parcourir, soit de pied, soit par un véhicule s'il s'en trouve facilement. J'ai projeté cette course avec M. de Charmasse, actuellement à Champignolle, et qui devra nous rejoindre à heure fixe, si vous voulez bien l'informer en même temps que moi.
     
    Pardonnez-moi, cher Monsieur, cette importunité et veuillez me croire

     

    Votre dévoué et reconnaissant confrère,
     
    J.G. Bulliot
     
    N'ayant pas l'honneur d'être connu de Monsieur de Charrin, je compte sur vous pour demander l'autorisation en mon nom.

     

    Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...Autun 14 avril 1897
     
    Cher Monsieur,
     
    J'ai transmis à Monsieur de Charmasse, dépositaire actuel du terrier que vous avez eu l'obligeance de nous confier, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. J'avais copié, dès le moment de la remise, les notes qui concernaient mon travail, que je n'ai pas interrompu depuis, mais qui m'obligera à aller séjourner aux archives de Dijon. J'ai la série des seigneurs depuis la fin du XIVe siècle, mais c'est une besogne que d'extraire de la masse des titres réunis, ce qui peut offrir quelque intérêt.

     

    Quand, à la Tour du Bost, venait M. Bulliot...

     

    Ma santé ne m'a pas permis jusqu'ici de réaliser la visite projetée à la Tour du Bos (sic), où j'aurai à faire quelques vérifications. J'ai égaré la cote de la hauteur, le nombre des marches, qui est, je crois, de 103, et à confronter, sur les lieux, ma description.
     
    Le terrier mentionne une basse-cour entourée de clôtures en bois. Si vous aviez connaissance qu'on eût trouvé trace de fossés je vous serais obligé de m'en faire part.
     
    Veuillez agréer, cher Monsieur, la nouvelle expression de ma reconnaissance et de mes sentiments de dévouement et de considération.
     
    J.G. Bulliot
     
    À cette époque-là, mener des recherches archéologiques et historiques ne présentaient pas les mêmes facilités que de nos jours, où de nombreux documents sont accessibles directement sur la toile... Il ne nous est plus nécessaire, dans bien des cas, de mettre sur pied les véritables expéditions que devaient représenter de simples déplacements d'Autun à Charmoy (37 km, tout au plus 40 minutes en voiture aujourd'hui) : il fallait sans doute alors prévoir une journée, pour une ou deux heures de présence sur place !
     
    Nota : M. de Charmasse, cité dans la lettre de 1888, est un autre grand érudit local, membre de la Société Éduenne, qui a notamment étudié le prieuré de Mesvres. M. de Charrin, propriétaire de la Tour du Bost à l'époque, était aussi, entre autres, le propriétaire du château de Bruel, tout proche et de construction alors récente.

     

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