• L'association "La Tour du Bost" a tenu son assemblée générale le 13 mars 2011 à Charmoy. Plutôt que de regarder en arrière (et même si la vue sur 2010 est fort agréable, avec les travaux qui ont avancé à pas de géant et toutes les activités culturelles organisées), parlons de l'avenir ! 

    2011 : le programme !

    Incontournable photo de circonstance :
    autour de la table, quelques-unes des personnes
    qui s'impliquent dans la restauration de la Tour du Bost

    En bref, voici ce qui se dessine pour les mois à venir, du côté des animations :

    •  Le rallye pédestre au départ de Montcenis le 3 avril. Une première pour nous, avec une marche qui allie le bol d'air et l'intérêt pour l'histoire locale.
       

    Le rallye pédestre sur les rails !
    Rallye pédestre : dernière ligne droite
     

    • Un concert sans doute le 11 juin (nous n'en sommes qu'à l'ébauche du projet). Le concert de l'Ensemble Raimbaut d'Orange, lors des Journées Mémorables de septembre dernier, nous a laissé un excellent souvenir et fut un grand succès.


    Un concert mémorable

    • L'inauguration du nouvel étage de la tour (qui devrait être terminé avant la fin du mois de juin). Pour en savoir plus, suivre tous les articles parus dans la rubrique "Travaux" !
    • Les expositions et les visites estivales : l'ouverture de la Tour au public aura lieu du 26 juin au 21 août inclus, le dimanche de 15h à 19h, ainsi que les 14 juillet et 15 août aux mêmes horaires. Nous en sommes encore aux préparatifs des expositions et ne pouvons encore donner les noms des personnes qui participeront cet été. Un petit retour sur l'été 2010 :
       

    Les beaux jours de la Tour du Bost

    Les travaux de restauration proprement dits, une fois le deuxième étage terminé, vont se poursuivre - plus haut. Pour le dire vite, et en voyant loin, il y aura entre autres choses un nouveau plancher à installer, beaucoup de travail de consolidation à faire sur les murs et les ouvertures, sans parler du toit à poser... 
     
    Concernant les recherches historiques, elles se poursuivent également, avec une publication à venir sur des trouvailles après labours faites non loin de la tour.
     
    Et bien sûr, hors des ouvertures estivales, nous continuons à recevoir les groupes, scolaires ou non, sur rendez-vous. Visites scolaires
     
    N'hésitez pas à vous joindre à nous : plus on est de fous...


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  • Nous vous avions déjà parlé des ces ouvertures : la fenêtre et la porte de la façade est, au niveau IV (2e étage). Il y a peu encore, elles étaient murées. La fenêtre gardait un malheureux barreau tout mangé de rouille et noyé dans la maçonnerie. La porte, qui ouvrait autrefois sur un bâtiment accolé à cet endroit, n'avait plus aucune utilité une fois qu'il fut détruit. Ces jours-ci, cet ancien accès a retrouvé un peu de son aspect d'antan - sauf que la porte ouvre sur le vide et la campagne environnante (des mesures de sécurité ont bien sûr été prises depuis la photo !). 

    Fenêtre avec vue

    La fenêtre, grâce au travail du chantier d'insertion et de Gauthier Jacquelin, a retrouvé ses quatre barreaux comme à l'origine ( Coup d’œil - sur la face Est ). Le sol de tomettes a fait sa réapparition et l'ancien enduit est encore présent sur une belle partie de la voûte. Bien sûr, il reste (entre autres) de sérieux travaux de consolidation à faire sur le haut de la porte !
     
    L'endroit a subi de profondes transformations. A l'origine, la seule ouverture était une fenêtre à meneaux, avec ses deux coussièges habituels : celui de gauche a disparu dans les modifications. On voit encore une partie des meneaux dans le mur, témoins du remaniement effectué à l'époque : 

    Fenêtre avec vue

    A gauche, la fenêtre d'origine - à droite, le même endroit après modifications.

     

    La Tour du Bost n'est-elle pas un grand puzzle ?


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  • Une histoire de poutre (7) : Un élan collectif

    La poutre, le nez posé sur un chariot poussé par la huitaine de personnes qui œuvrent au niveau du plancher, dans la tour, avance lentement mais sûrement vers sa destination. Dehors, c'est presque fini : la grue fait un dernier aller-retour, l'élingue glisse et libère la poutre, les deux personnes qui la guidaient du haut de l'échafaudage quittent les lieux. Un petit bout de chêne dépasse encore des murs de la tour, posé sur le rebord de la fenêtre. 

    Une histoire de poutre (7) : Un élan collectifOn ne le sait pas encore, mais la poutre ne va plus bouger jusqu'au lendemain : à l'intérieur, on se heurte à un problème inattendu de palan bloqué, qui empêche la manœuvre prévue. C'est contrarié que chacun ira se coucher le soir. Mais le lendemain, avec un équipement nouveau ainsi qu'un cric forestier (à manivelle) prêté par l'entreprise Brenot, un corps reposé et une énergie renouvelée, c'est une autre histoire ! La poutre va gentiment se positionner, d'abord dans le trou du mur opposé à la fenêtre, élargi pour la recevoir aisément, puis dans le deuxième, côté sud. Pas question d'agrandir ce dernier, de peur d'affaiblir la cheminée, située juste au-dessus : Sylvain Desbois va légèrement découper le bout de la poutre pour qu'elle s'adapte exactement à l'espace laissé par la poutre d'origine, calcinée dans l'incendie de 1920...

    Une histoire de poutre (7) : Un élan collectif

     

    Une fois la poutre en place, il ne restera "plus" qu'à positionner les aisseliers : une autre partie de plaisir ! Heureusement, nous disposons de tréteaux qui accompagnent la montée de chaque pièce. Il reste un peu de travail pour le Une histoire de poutre (7) : Un élan collectiflendemain : finir la mise en place du deuxième aisselier.

     

     

    Finalement, la poutre et les deux aisseliers auront été montés en deux jours et demi, les opérations commençant le lundi matin et se terminant le mercredi midi. Les quelques imprévus auront été surmontés avec brio (si si, on peut le dire !) et quelques adaptations au plan initial apportées (avec brio aussi). Dans ce genre de chantier, il est important de bien évaluer le nombre de personnes nécessaires (ce qui fut le cas) : trop nombreux, on risque l'accident en se bousculant ; trop peu, on le risque également, en se démenant et en courant partout ! L'opération fut conduite avec beaucoup d'efficacité, chacun à son poste.

    Une histoire de poutre (7) : Un élan collectif

    Le deuxième étage avec la poutre en place, vu du sommet


    Une autre chose est certaine : si ce chantier fut finalement mené à bien, c'est grâce à un véritable élan collectif. Chacun a apporté ce qu'il pouvait, en fonction de ses moyens et de ses compétences : idées, stratégie, matériel, manutention... - voire soutien moral ! La cogitation fut surtout le domaine de MM. Morin, avec Robert Chevrot et Pierre Dubreuil (tous membres de l'association), de l'entreprise Allayrat et des charpentiers, MM. Desbois. Une fois la marche à suivre adoptée, il restait tous les problèmes physiques et théoriques, auxquels MM. Morin se sont attelés (calculs des angles, des dimensions, des forces...). De leur côté, toujours en amont, les membres du chantier d'insertion, supervisés par Christophe Michalak, ont réalisé une maquette au 1/10e pour modéliser les mouvements de la poutre. Et ce sont eux qui ont assuré la délicate manutention, lors de sa pose. L'entreprise Dufraigne, à Autun, a prêté un précieux matériel, comme MM. Brenot, et des voisins et des membres de l'association en ont fait autant avec câbles, cordes, palans, chaînes...
     
    Mais cette opération réussie n'était que le début d'un nouveau chantier : celui du plancher, dont nous parlerons d'ici peu !
     
    Vous ne vous souvenez plus du début ?
    Une histoire de poutre (1) : Casse-tête chinois
    Une histoire de poutre (2) : petit retour en 2006
    Une histoire de poutre (3) : le chêne providentiel 
    Une histoire de poutre (4) : Tous sur le pont !
    Une histoire de poutre (5) : Attention, la voilà !
    Une histoire de poutre (6) : un travail de longue haleine
     
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  • Nous aurions bien aimé trouver, dans un musée ou ailleurs (un grenier ?!), une aussi belle représentation de la tour du temps de sa splendeur, avant même que la Renaissance ne gagnât la France. Auraient pu y figurer les maîtres des lieux, tout petits, agenouillés aux pieds de leurs saints patrons (très grands), la tour s'inscrivant dans le paysage ; le tout aurait pu trouver asile, pourquoi pas, dans l'église de Charmoy...
     
    Hélas, rien de tel - mais une très belle surprise, une toute autre aventure, venue combler avec bonheur ce manque criant d’œuvres d'époque !
     
    L'été 2010, le "Club dessin et peinture de Perrecy-les-Forges" a exposé dans la Tour du Bost. Mais il a aussi amené dans ses bagages un cadeau très spécial, qui a demandé des heures de travail aux différentes personnes qui s'y sont attelées : un diptyque réalisé à la façon du Moyen-Âge, représentant la tour et ses environs ! 

    Re-création médiévale

    L'idée de faire un travail commun était dans l'air, au Club de Perrecy, et ne demandait qu'un projet pour se concrétiser. Est-ce la perspective de l'exposition estivale à la tour qui a  servi de détonateur ? Toujours est-il qu'une dizaine de personnes s'est rapidement mise à l'ouvrage, avec les conseils avisés de Ian Marek, membre du club. Au niveau technique, le premier défi était de trouver le support qui résisterait aux conditions particulières de la tour (notamment son degré d'hygrométrie). Réaliser une fresque fut rapidement abandonné (impossible dans ce monument historique), utiliser du papier ou un drap enduit, tendu sur un cadre, également (trop fragile et/ou trop complexe à stocker). Finalement, c'est sur du bois préparé spécialement que toute l'équipe a joué du pinceau. Les deux panneaux, articulés, présentent en plus un avantage pratique : ils peuvent aisément être transportés  en voiture... On peut se passionner pour le Moyen-Age tout en tenant compte des contraintes d'aujourd'hui !
     


    Concentré d'éléments médiévaux
     


    Pendant les heures de "cours" du club, entre janvier et mai 2010, ce sont donc une vingtaine de mains qui se sont activées sur le tableau, mélangeant activement les couleurs primaires (et elles seulement !) pour obtenir toutes les teintes de la scène représentée.  Difficile d'estimer le temps consacré au diptyque, sachant que  trois personnes au maximum pouvaient y œuvrer en même temps (une ou deux le plus souvent)... Les membres  du club se sont inspirés de plusieurs peintures du Moyen-Âge, comme "La Vierge au Chancelier Rollin", de Van Eyck, et d'une fresque italienne ("La Chambre des Époux" du Palais ducal de Mantoue). Ils ont aussi fait diverses recherches pour trouver les "bonnes" harmonies de couleurs.
     
    "La plus grande difficulté", explique Ian Marek, "a été d'insérer tous les éléments dans une perspective qui devait être cavalière, comme celle qui était connue au Moyen-Âge : une perspective "fausse" (par rapport à celle de la Renaissance où on trace des points de fuite). Comme nous ne sommes plus habitués à travailler avec ce genre de perspective, le croquis de base a été difficile à concevoir. De plus, nous avons essayé de reproduire le style de peinture du Moyen-Âge, très en aplats, avec une façon très particulière de donner l'ombre et la lumière. Là encore, ce n'est pas le type de modelé qu'on trouve dans les peintures de la Renaissance."
     


    Œuvre commune mais sans cacophonie
     


    L'utilisation de la peinture à l'huile n'a pas été simple non plus, certains des peintres du diptyque ne l'ayant jamais abordée auparavant ! Mais soutenue et stimulée par ceux qui étaient familiers de cette technique, toute l'équipe s'est lancée. Pour éviter que l'on voie trop la "pâte" (et non la patte !) des uns et des autres,  le travail a été partagé : une seule personne s'est chargée de tout ce qui était végétal, une autre des personnages, une autre encore du ciel... "Comme toute peinture qui vient d'être réalisée", précise Ian Marek, "celle-ci avait un aspect très neuf et nous avons donc appliqué un glacis (couleur transparente diluée à l'huile) sur l'ensemble dans le but de vieillir un peu les couleurs et de les unifier. Cela a permis aussi d'accorder les différentes façons de travailler de chaque peintre, puisqu'il s'agissait d'un travail de groupe. En général, le plus gros défaut qui peut apparaître dans une peinture réalisée en commun est le manque d'unité, surtout quand c'est occasionnel, ce qui est le cas ici." 

    Re-création médiévaleDe cette œuvre commune, le Club de Perrecy ressort (si c'est possible) plus soudé encore qu'il n'était auparavant. Même les personnes qui n'y ont pas participé disent s'être senties malgré tout impliquées dans le projet durant sa réalisation... De leur côté, les novices de la peinture à l'huile se sentent aujourd'hui titillées par l'envie de s'y lancer en solo ! "Nous nous sommes senties en sécurité pour aborder de nouvelles techniques, en étant soutenues par le groupe", explique l'une d'elles. "Nous avons appris en outre quelques petites techniques utilisées par les spécialistes de la peinture à l'huile, comme le glacis. En tant que peintre amateur, on ne fait pas non plus toujours attention aux ombres ou aux volumes : on les oublie et ensuite, on se demande pourquoi "ça ne marche pas". C'était intéressant aussi de peindre autrement que de façon réaliste ou en copiant des peintres du XIXe siècle, de se pencher sur les codes qui sous-tendent une œuvre de commande médiévale."
     
    Vous connaissez maintenant les conditions de la naissance et de la réalisation du diptyque, qui en font une œuvre très spéciale. L'été prochain, vous pourrez certainement de nouveau l'admirer, trônant dans la salle d'exposition de la Tour du Bost !
     
    Des photos des expositions accueillies à la tour ?
    Un petit retour sur nos activités estivales ? Les beaux jours de la Tour du Bost


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