• Vous le savez, si vous avez suivi ce qui s'est passé à la Tour du Bost, en particulier durant l'année écoulée : la restauration du niveau 4 (correspondant au 2e étage, voir cette page) est terminée, après celle des trois niveaux inférieurs. De l'extérieur - et de loin -, le donjon ne change guère d'aspect ; pourtant, de près, l'aménagement de ses abords et la remise en état de ses ouvertures ne laissent aucun doute sur l'avancée des travaux, à l'intérieur ! Cependant, il ne saurait être question de poursuivre la restauration sans le feu vert ni les directives de Frédéric Didier, "notre" Architecte en Chef des Monuments Historiques. 

     

    La "Chambre du seigneur" à l'étude

    Autour de MM. Didier et Raynaud,
    les membres de Tremplin Homme et Patrimoine et de La Tour du Bost,
    le nez en l'air, à observer les traces laissées par l'ancien plafond

    C'est pour cela que, courant septembre, au petit matin, M. Didier et son collaborateur, Pierre Raynaud, sont venus étudier le niveau 5, qui fut semble-t-il autrefois la chambre du seigneur. Dotée d'une cheminée très intéressante, cette pièce comprend aussi deux fenêtres croisées équipées de coussièges, à l'est et au sud, qui ont l'une comme l'autre beaucoup souffert du passage du temps. Outre les consolidations indispensables, il faut prévoir les mêmes interventions qu'aux étages inférieurs : reprise des maçonneries et enduits (avec ici une finition particulièrement délicate : voir notre article sur les enduits anciens), restauration du sol, mise en place du plafond, huisseries...

    La "Chambre du seigneur" à l'étude

     

    Nous atteignons ici un étage qui a connu des remaniements, notamment au niveau du plafond, comme en attestent les traces laissées par deux poutraisons successives. M. Didier a réalisé les repérages et mesures nécessaires pour dresser les plans des travaux, retrouvant notamment la taille, l'emplacement et le nombre de poutres et solives. Il s'agissait d'observer toutes les traces encore lisibles dans les murs, de repérer tous les éléments utiles à la reconstitution du plafond, de vérifier, avec leur hauteur par rapport au sol, s'ils font tous partie du même dispositif : un travail d'observation très technique, qui nécessite aussi quelques exercices de gymnastique sur échelle et échafaudage...


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    Chambre des dames : encore plus belle

    Travail à quatre mains...

     

    Chambre des dames : encore plus belle

     

    Lors de sa visite en décembre dernier, Frédéric Didier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, avait relevé des imperfections dans les finitions de la nouvelle salle, au niveau 4 de la Tour du Bost : le trait qui venait souligner les encadrements de pierres, autour des ouvertures (portes, alcôves des fenêtres etc), n'était pas conforme à ce qu'il avait demandé.

     

    Chambre des dames : encore plus belle

     

     

     

    Pendant les mois qui ont suivi, et jusqu'à ces dernières semaines, les ouvriers du chantier se sont, par petits groupes, attelés à la tâche d'enlever ces enduits, afin de les refaire : une opération peu attrayante (qui aime défaire ce qui a été fait pour le refaire ?), fastidieuse, minutieuse, qu'ils ont menée à bien après de longues heures de travail.

    Chambre des dames : encore plus belle

     

     

     

    Ce sont des traits bien réguliers, tirés à la règle, qui soulignent désormais les pierres des encadrements.

    Chambre des dames : encore plus belle

     

     

     

     

     

    Avant de refaire l'enduit à la chaux,
    il faut enlever ce qui a été fait...

     

     

    Chambre des dames : encore plus belle

     

     

     

    C'est donc une Chambre des Dames encore plus belle que vous pourrez visiter cet été !

     

     

    Pour les informations pratiques concernant les ouvertures estivales, cette année à partir du dimanche 15 juillet :
    Bientôt l'été de la Tour du Bost !

     

     

     

     

     

    Vous avez envie de vous plonger (ou replonger) dans les travaux de restauration du niveau 4 ? Il y a des photos concernant la poutre, le plafond, les scellements au plombles portes et les volets ; et des articles, dont :
    Une histoire de poutre (1) : Casse-tête chinois
    Niveau 4 : un plafond très technique (Partie 1)
    et bien d'autres dans notre rubrique "Travaux"


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  • Ce n'est pourtant pas faute d'avoir engagé une lutte acharnée l'année dernière contre leur présence calamiteuse... Il a suffi de leur laisser une occasion de s'infiltrer, et les pigeons sont revenus de plus belle, roucoulant victorieusement en occupant les trois derniers niveaux (sous le plancher sommital) encore en travaux !

     

    Pigeons : le retour !

     

    Cette fois-ci, ce ne sont pas les membres de "la Tour du Bost" qui se sont mis à l'ouvrage pour leur interdire de nouveau l'accès au donjon, mais les ouvriers de Tremplin Homme et Patrimoine (notamment pendant la visite du préfet et de la sous-préfète). Espérons que ces nouveaux cadres permettront un accès plus agréables aux étages supérieurs, cet été - et le plus longtemps possible !

    Pigeons : le retour !

     

     

    Pour retrouver les épisodes précédents de notre saga contre l'Envahisseur :
    Un ennemi venu des airs !
    Et avec des pruneaux ?
    Coup d’œil : bois et grillage - la solution
    Coup d’œil : des rondelles en exposition... - la solution

     


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  • Voici une information qui devrait ravir les visiteurs à venir de la Tour du Bost comme ceux qui ont déjà connu ses escaliers assez rudes : Gauthier Jacquelin, ferronnier d'art, a équipé les escaliers d'une jolie main courante fonctionnelle entre les niveaux 2 et 4.

     

    Une rampe pour faciliter les visites

     

    Cela faisait longtemps que nous en rêvions, pour des questions de sécurité. Frédéric Didier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, en charge de la Tour du Bost, nous en a donné le feu vert lors de sa dernière visite de chantier, cet hiver. Bien sûr, les rampes n'existant pas à l'époque de construction, il fallait trouver une solution qui ne soit pas choquante.
     
    Il s'agit d'une rampe sobre, très discrète, réalisée en fer laminé rond de 18, qui s'intègre parfaitement dans les lieux. Ses crosses (les terminaisons) sont en tête de clou pointe de diamant.

    Une rampe pour faciliter les visites

     

    Les crosses de fixation, qui l'ancrent dans le mur (sur une quinzaine de centimètres), en fer rond de 12, forment un arrondi progressif, suivant un angle souvent utilisé au  Moyen-Âge, en demi-blason. "On les a mises le plus près possible du mur, à environ 8 cm, mais pas trop près non plus pour ne pas se faire mal à la main contre les enduits", explique M. Gauthier. "Il nous a fallu calculer où faire commencer la main courante, en fonction des rayons de passage et des nécessités liées aux marches. Nous avons tenu compte de nombreux facteurs : le sol parfois inégal, certaines pierres qui dépassent, les endroits où avoir un appui pouvait être intéressant..."

     

    La hauteur de la main courante est normalement de 900 mm depuis le nez de la marche. Avec ces escaliers anciens, aux niveaux inégaux, il nous a fallu faire preuve de bon sens et nous adapter aux lignes des marches comme des murs, qui ne sont pas du tout rectilignes, jouer avec les normes pour que cette rampe garde son efficacité comme son élégance simple : elle en perd, pour un œil exercé et tatillon, un brin de sa rectitude... Les différentes parties de la rampe sont goujonnées et soudées.

    Une rampe pour faciliter les visites

     

     

     

     

     

    La volée de marches qui monte du niveau 3 au niveau 4 a été modifiée de façon assez sauvage au XVIe siècle. Résultat : son départ est très raide, dans un angle droit.

     

     

     

     

     

     

     

    "Cette partie a été débillardée (cintrée dans les deux sens) en atelier. J'ai fait un gabarit sur un petit fer carré de 8, facile à travailler, que j'ai appliqué sur chaque nez de marche (ce qui était assez sportif vu la configuration des lieux), en y allant progressivement. J'ai pris un tas (un enclume creuse) et j'ai frappé sur mon petit fer pour le cintrer dans un sens puis dans l'autre en prenant bien mes repères. Puis, à l'atelier, je me suis mis dans les mêmes conditions, en élévation, au niveau grâce à un petit fer vertical, de manière à me retrouver dans les mêmes orientations. Et j'ai cintré la main courante entièrement à la forge."
     
    Les usagers habituels du monument (salariés du chantier, intervenants, membres de l'association), bien aises, ont déjà pris l'habitude de ce nouveau confort...
     
    Pour en savoir plus sur le travail de ferronnerie à la Tour du Bost :
    Gauthier Jacquelin : l'art de la fusion
    Barreaux : la traversée des siècles
    Ainsi que quelques photos sur les scellements au plomb.


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